Burkina Faso, Mali
Les Français interdits de tourisme au Sahel par le Quai d’Orsay
Officiellement, il y a 4 331 résidents français au Mali. L’ambassade de France à Bamako les a tous mis en garde le 20 août dernier, par mail, pour les enjoindre d’éviter tout déplacement à l’intérieur du Mali. Et ce qui vaut pour les résidents s’applique bien sûr aux touristes et assimilés… « Les menaces proférées par AQMI à l’encontre des ressortissants français doivent être considérées avec la plus grande gravité », informe le quai d’orsay. C’est pourquoi l’Ambassade de France et le Consulat général locaux ont été amenés à déconseiller formellement, sauf motif professionnel impérieux, les résidents français à se rendre en dehors de le capitale. Sur le site de l’Ambassade de France, le Consulat Général rappelle aux Français qui se rendent au Mali qu’il leur est fortement recommandé de signaler leur présence en précisant leur identité, leur localisation et/ou le programme de leurs déplacements, leurs coordonnées téléphoniques et électroniques, ainsi que la date et le lieu de délivrance de leur passeport. Ambiance.
Cette mise en garde qui a provoqué un certain « émoi » sur place et fait annuler tous les rendez-vous, même importants, à l’intérieur du Mali. De toutes façons, plus clairement, les ressortissants français ont été tenus de rester à Bamako en mesure préventive des risques d’enlèvement de la part d’Al Qaeda.
En fait, sans surprise, ce sont surtout les régions de Mopti, Tombouctou, Gao et Kidal qui sont visées. Mais, tant qu’à faire, il est aussi recommandé la plus grande prudence la nuit et à proximité des bars, discothèques et chauffeurs de taxi. Chauffeurs de taxi ?
La première victime, c’est le tourisme. Et par voie de conséquence, les populations qui en vivent. Oubliés les rêves de randonnée au pays Dogon, la visite de Tombouctou, un trek vers les monts Hombori ? Le quai d’Orsay est sans appel : « Le secteur du tourisme comporte de nombreuses officines, dont certaines sont informelles, et proposent des services de qualité mais surtout ne garantissent pas les conditions de sécurité requises pour une expédition en zone désertique ». Vous êtes gentils, mais pas sérieux.
Et ce qui vaut pour le Mali est reporté au Burkina Faso voisin. Alors que la région nord du Gourma-Rharous, frontalière du Mali, a déjà été vidée des ses ressortissants français par l’armée française elle-même (…), des alertes ont été lancées à l’attention des Français résidents dans la capitale Ouagadougou. Un peu de travail en perspective pour le nouvel Ambassadeur de France (un général, s’il vous plait) à moins que cette alerte émise par l’ancien Ambassadeur ait été un peu exagérée… Surjouée ?
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